THEOLOGIE CATHOLIQUE.16 fiches gratuites à télécharger. l'essentiel de la THEOLOGIE DOGMATIQUE



   H e r m é n e u t i q u e
                        T h é o l o g i q u e


       Thèse 1 – Écriture et Tradition                                          

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    Qu’est-ce que la Révélation ? La problématique de la Réforme protestante – et le radicalisme de la Sola Scriptura niant toute place à la Tradition – oblige l’Eglise à théoriser d’avantage le rapport entre Ecriture et Tradition. Toutes deux transmettent l’unique Evangile (Trente), ce dernier étant compris d’abord comme corps de doctrine : source de toute vérité salutaire et de toute règle morale. Si Dei Filius (Vatican I) rappelle qu’à la seule Eglise appartient l’interprétation authentique des Ecritures, une première ouverture se fait cependant vers une redéfinition de la Révélation qu’est l’Evangile. C’est cependant Dei Verbum (Vatican II) qui explicite son contenu : c’est Dieu lui-même (et non plus tant une doctrine) qui - dans le Christ et particulièrement dans son Mystère Pascal - se révèle aux hommes comme à des amis, et par là-même leur communique sa vie divine.

     Le rapport Ecriture-Tradition n’est donc plus vu de manière binaire, mais il vit d’une réciprocité mystérieuse dont l’unité vient de l’Esprit Saint. Ecriture et Tradition forment un tout – le « Dépôt sacré » de la Foi, partageant la même source (l’Esprit Saint) et la même fin (DV 9). L’Ecriture n’épuise donc point la Révélation (DV 9. FR 55). Dans l’Eglise « qui croit et qui prie », souffle l’Esprit, et le « Dépôt de la Foi » s’enrichit sans cesse de la Tradition ainsi renouvelée, et toujours fondée sur l’Ecriture qu’elle explicite. La Tradition est donc un critère herméneutique pour la Vérité doctrinale de l’Ecriture.

     Comment discerner la Tradition (parmi les traditions) ? L’Esprit Saint permet ce discernement, et aide à garder le « Bon Dépôt » (2 Tm 1,14). Il introduit l’Eglise dans la « Vérité toute entière » (Jn 16,13), par l’intermédiaire des Apôtres et de leurs successeurs, qui transmettent ce qu’ils ont reçus, mais aussi par l’intermédiaire du peuple chrétien tout entier, oint par l’Esprit, et qui dès lors ne peut faillir dans la foi (LG 12 sur le sensus fidei).

     Comment interpréter l’Ecriture ? Dei Filius insiste encore sur Dieu comme Auteur et pas seulement Inspirateur et Garant de la sainteté de l’Ecriture. Mais dans le siècle qui sépare les conciles Vatican I et II, l’hagiographe ou écrivain sacré trouve peu à peu sa place : instrument, membre, cause instrumentale, organe de l’ES, instrument vivant et doué de raison… DV 11 appelle alors ces hagiographes « vrais auteurs ».
     Et puisque l’Esprit a parlé à des hommes à la manière des hommes, il convient de creuser par l’exégèse ce que ceux-ci ont vraiment voulu dire (DV 12) et ce qu’il a plu à Dieu de faire passer par leurs paroles : c’est le rôle de l’analyse littérale, mais qui doit être complétée d’une herméneutique spirituelle. Cette dernière découvre le sens exact des textes sacrés en les replaçant dans la cohérence de toute l’Ecriture (1), de la Tradition de l’Eglise (2), de l’analogia fidei (i.e. du dogme) (3).
     Le Christ est dès lors l’Herméneute ultime des Ecritures, parce qu’Il en crée Lui-même le sens en les accomplissant.
     La Tradition se nourrit alors de la fidélité de l’Eglise à vivre le Mystère Pascal du Christ, offert et livré par Amour pour les hommes.

     La théologie se fortifie, s’affermit et se rajeunit sans cesse au contact de l’Ecriture, qui est alors comme son âme (DV 24).